Dimanche 15 novembre – 17h – Le Fresnoy

L’échiquier du vent de Mohammad Reza Aslani (111 min, 1976) Version restaurée 4K

VOSTF — Iran

Festival international du film de Téhéran, 1976 – première projection du film
Festival des 3 Continents, Nantes, 1990 – Panorama du cinéma iranien
Festival de Cannes, 2020 – Cannes Classics, sélection spéciale consacrée à la restauration

Résumé

Suite à la mort de son épouse, Haji Amou, un commerçant traditionaliste, patriarcal et corrompu, projette de se débarrasser de sa belle-fille, Petite Dame, héritière en titre de la fortune et de la belle maison luxueuse dans laquelle ils vivent. Cette femme émancipée et moderne est paralysée et ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant. Pour faire face au complot fomenté par son beau-père, elle se fait aider par sa servante, ignorant que celle-ci joue sur les deux tableaux…

L'échiquier du vent

Séance

Dimanche 15 novembre, 17h

Présentation et rencontre avec Asal Bagheri
Docteure en Sémiologie et linguistique, spécialiste du cinéma iranien

Tarif : 4€

Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains
22 Rue du Fresnoy, 59200 Tourcoing

à propos de

Réalisé en 1976 par Mohammad Reza Aslani, L’Échiquier du vent est une œuvre unique, du fait de son esthétique qui la place parmi les rares films d’auteur iraniens d’avant la révolution de 1979, et du fait de son destin particulier dans l’histoire de ce cinéma. Son avant-gardisme va déclencher les réactions négatives de la critique iranienne, marginalisant le film et son cinéaste avant sa progressive réhabilitation à partir des années 2000.
Avec son atmosphère de conte gothique où l’influence de la peinture rejaillit sur chaque plan, L’Échiquier du vent est un splendide jeu de massacre, un tour de force visuel au confluent de l’esthétique viscontienne et bressonnienne. Multipliant les rebondissements, son scénario ose même s’affranchir de la chronologie, une première pour un film iranien.
À travers le récit de cette lutte pour la richesse et le pouvoir, Mohammad Reza Aslani livre une critique sociale et culturelle puissante, anticipant la révolution de 1979 et dessinant avec clairvoyance l’échec social et économique de l’Iran à travers ses personnages finement caractérisés et merveilleusement interprétés. La somptueuse restauration 4K de L’Échiquier du vent permet enfin d’apprécier l’originalité et la modernité de ce film fascinant, resté près de 45 ans dans l’ombre.

Dossier de presse – Carlotta

Festival

Festival international du film de Téhéran, 1976 – première projection du film
Festival des 3 Continents, Nantes, 1990 – Panorama du cinéma iranien
Festival de Cannes, 2020 – Cannes Classics, sélection spéciale restauration
Il Cinema Ritrovato, Bologne, 2020 – présentation de la restauration
Festival international du film de Rotterdam (IFFR), 2021 – section Cinema Regained
BFI London Film Festival, 2020 – présentation de la restauration
Cinema Revival, Wexner Center for the Arts, 2021
Festival international du film de Las Palmas – programmation Déjà Vu
Festival des 3 Continents, 2020 – sélection officielle, séances spéciales
Bozar, Bruxelles, 2022 – projection de la restauration

Fiche Technique

Scénario : Mohammad Reza Aslani
Montage : Abbas Ganjavi
Directeur de la photographie : Houshang Baharlou
Musique : Sheyda Gharachedaghi
Décors : Houri Etesam
Costumes : Manouchehr Safarzadeh
Production : Bahman Farmanara
Avec : Fakhri Khorvash, Mohammad Ali Keshavarz, Akbar Zanjanpour, Shohreh Aghdashlou, Shahram Golchin, Hamid Ta’ati, Aghajan Rafi

Mohammad Reza Aslani

Bio réalisateur

Mohammad Reza Aslani : Né en 1943, Mohammad Reza Aslani est un poète, graphiste, scénariste, théoricien et réalisateur iranien. Diplômé de l’université des beaux-arts et de l’école de cinéma de Téhéran, Aslani commence à travailler d’abord en tant que chef décorateur à la télévision iranienne où il rencontre Fereydoun Rahnema, poète et cinéaste, grâce à qui le jeune Aslani fait son premier court-métrage documentaire/expérimental, La Coupe Hassanlou, en 1964. Rahnema envoie le film à Henri Langlois qui réagit positivement et le projette à la Cinémathèque française, ce qui permet à Aslani d’avancer dans sa carrière de cinéaste. Jusqu’en 1975, Mohammad Reza Aslani se fait remarquer en tant que scénariste de films d’auteur, notamment pour Les Mongols (1974) et Le Jardin des pierres (1977) de Parviz Kimiavi, Le Matin du quatrième jour (1972) de Kamran Shirdel et L’Impasse (1974) d’Amir Naderi. En parallèle, Aslani continue à réaliser d’autres courts-métrages documentaires et de fiction, notamment La Caille : le garçon qui demandait (1970) avec un style proche de l’esthétique des films de Bresson. Cela lui vaut la réputation de cinéaste « trop intellectuel » et son cinéma est critiqué comme « impopulaire » à cause de sa distance avec l’esthétique du cinéma iranien dominant : une étiquette qui allait miner la suite de sa carrière. Aujourd’hui, grâce à la redécouverte de son premier long-métrage L’Échiquier du vent (1976), Aslani est considéré comme l’une des plus importantes figures du cinéma d’auteur iranien.

Filmographie de Mohammad Reza Aslani :
– 1976 : L’Échiquier du vent
– 2016 : La Coupe de Hasanlou : 50 ans après
– 2012 : Téhéran, art conceptuel
– 2010 : Les Mains d’Ecbatane
– 2008 : La Flamme verte
– 2007 : Les Mémoires d’un homme de 75 ans
– 1964 : La Coupe de Hasanlou
– 2018 : Une maison aussi vaste que la conscience

Asal Bagheri

Bio intervenante

Asal Bagheri est docteure en Sémiologie et linguistique. Spécialiste du cinéma iranien, elle est auteure de la thèse Les relations homme/femme dans le cinéma iranien postrévolutionnaire, stratégies des réalisateurs ; analyse sémiologique. Chercheuse au laboratoire AGORA de CY Cergy Paris Université et membre du bureau de la revue Hermès (CNRS), elle enseigne le cinéma iranien à l’Université Paris Nanterre, où elle développe une approche historique, esthétique et socioculturelle de cette cinématographie. Ses recherches portent notamment sur les représentations des rapports de genre dans le cinéma iranien et sur sa réception en France.