France / VOSTF (farsi sous-titré français)
• Rencontres Internationales Sciences & Cinémas – Prix du Meilleur long-métrage
• Festival Jean Rouch (Comité du film ethnographique) – Prix du Premier Film
• Les Écrans Documentaires – Prix des lycéens
• Rendez-vous de l’histoire de Blois – Mention spéciale
Résumé
Ce film tisse les liens qui entrecroisent la grande Histoire à l’histoire familiale, autour de la révolution iranienne de 1979, de ses trahisons et de ses conséquences. Le vécu de la violence politique y est présenté de l’intérieur, par la manière dont il nourrit les représentations, les images, les discours et les non-dits. Fille d’une opposante à la République islamique emprisonnée, la réalisatrice fait elle-même acte d’opposition au négationnisme politique du pouvoir iranien en faisant resurgir une réalité de l’extermination des opposants par la présence des objets et par l’obstination de la mémoire.
à propos de
Pourquoi un film ? Est-ce qu’il ouvre un rapport particulier à la mémoire ?
On est une génération qui a grandi en exil. Nous on peut retourner en Iran parce qu’on n’a rien fait qui nous identifie comme des ennemis, mais une fois qu’on retourne là-bas on se retrouve dans une société où le passé familial qu’on connaît n’existe pas dans l’espace social. Donc comment est-ce qu’on retourne dans cet espace qui n’est pas tel qu’on le connaît ? Je pense que prendre la caméra, c’est une façon de dire : « il y a quelque chose qui s’est passé ». C’est vraiment la question du déni : comment attaquer la surface lisse ? La deuxième raison, c’est peut-être que le film est ce qui arrive le mieux à capturer le fonctionnement de la mémoire. Parce que ce sont des images, parce qu’il n’y a pas forcément de logique narrative, parce que ce sont des sensations.
Chowra Makaremi

Bio
Chowra Makaremi est anthropologue et chercheuse au CNRS à Paris. Ses travaux portent sur les formes juridiques et ordinaires de la violence d’État et l’expérience qu’en font les sujets. Ils s’attachent aux dispositifs d’invisibilité mis en place par le pouvoir et aux pratiques de résistance qui y répondent, en explorant différentes formes d’écriture, narratives et documentaires. En 2019, elle publie chez Gallimard Le cahier d’Aziz dans la collection Témoins.





