Allemagne, Liban, Syrie, Émirats arabes unis, Qatar / VOSTF
• Prix du Jury – RIDM, Montréal (Canada)
• Sesterce d’Or – Visions du Réel, Nyon (Suisse)
• Meilleur Documentaire – Festival du Film de Camden (Angleterre)
Résumé
À Beyrouth, des ouvriers du bâtiment syriens construisent un gratte-ciel alors que, dans le même temps, leurs propres maisons sont bombardées. La guerre au Liban est finie mais en Syrie, elle fait encore rage. La nuit, le gouvernement libanais impose un couvre-feu aux réfugiés. Leur seul lien avec l’extérieur est le trou par lequel chaque matin ils sortent pour aller travailler. Coupés de leur pays d’origine, rongés par l’angoisse et l’anxiété, privés des droits de l’homme et du travailleur les plus basiques, ils continuent de vivre. Ziad Kalthoum compose un essai déchirant sur ce que signifie une vie en exil, sans possibilité de retour, dans un monde en guerre. Cadrage précis, montage non académique et embardées oniriques du récit sont les marques de fabrique d’une œuvre cinématographique audacieuse, imaginative et visuellement ambitieuse.

à propos de
Avec Taste of Cement, vous réalisez un véritable film de cinéma. Pourquoi avoir choisi un biais aussi esthétique pour un sujet si complexe ?
Quand on parle d’images esthétiques ou de « genre esthétique », on se situe dans le champ artistique. J’essaie de transférer la réalité vers l’expérience artistique : le travail sur le son, sur l’image, etc. Les réalisateurs tentent chaque jour de construire un nouveau langage pour s’exprimer. Taste of Cement me permet, pour la première fois, de ressentir une sorte de liberté : j’ai enfin pu exprimer ce que je suis à travers lui. En tant que réalisateur, je me suis lancé le défi d’allier la beauté et la laideur, au même moment. Le documentaire ne consiste pas simplement à faire un copier-coller de la réalité. C’est très facile d’enregistrer ce qui se passe dans sa rue, tous les matins. Se limiter à ça, c’est se contenter de rester sur un seul niveau. Alors que, lorsqu’on expérimente, lorsqu’on imagine, lorsqu’on interprète, lorsqu’on ajoute des mots sur des images, on passe à un autre niveau, celui du cinéma. C’était très important de me montrer en tant que réalisateur, dans mon film. Ces derniers temps, j’ai vu beaucoup de films en voyageant de festivals en festivals ; à chaque fois, je me suis questionné : suis-je plus attiré par le sujet du film que par la manière dont le réalisateur traite le sujet ? qui est derrière ce sujet ? quel réalisateur ? pourquoi le réalisateur a-t-il choisi cette thématique ? Tout le monde sait de quoi parle un film : le sujet est autour de nous, dans notre vie, dans le monde. Mais c’est la manière dont le réalisateur traite le sujet qui est nouvelle et inconnue. Celui-ci a choisi de nous montrer une certaine partie de ce qu’il voit, sous un certain angle, avec sa manière de considérer le contexte. Quand nous parlons de cinéma, il ne s’agit pas simplement de voir quelque chose et de s’informer sur un sujet. C’est bien différent de la télévision et du reportage.
Publié le 3 janvier 2018 dans Cinéma par Ballast

Bio
Ziad Kalthoum : Cinéaste syrien, Ziad Kalthoum est diplômé en cinéma à Moscou, il réalise son premier documentaire Oh My Heart en 2011, dans lequel il suit un groupe de femmes kurdes ayant choisi de vivre dans une société sans hommes. Le film a été censuré en Syrie pour des raisons politiques. En 2012, alors que la révolution syrienne éclate, Ziad Kalthoum commence à travailler sur son premier long-métrage, Le Sergent immortel, tout en faisant son service militaire au sein de l’armée du régime. Refusant de combattre son propre peuple, Ziad Kalthoum a déserté l’armée syrienne en 2013 et s’est réfugié à Beyrouth où il a commencé à travailler sur Taste of Cement.
Filmographie de Ziad Kalthoum :
– 2017 : Taste of Cement (documentaire, 85 min)
– 2014 : Le Sergent immortel (documentaire, 75 min)
– 2011 : Oh My Heart (documentaire, 47 min)




