Vendredi 6 novembre – 18h30 – El’cagette (Roubaix)

Le Sergent immortel de Ziad Kalthoum (73 min, 2014)

Syrie / VOSTF

Locarno Film Festival – Prix dans la catégorie documentaire
BBC Arabic Festival 2015 – Best Feature Documentary

Résumé

Un documentaire au beau milieu de Damas, qui se déroule entre la caserne où Ziad Kalthoum est réquisitionné (alors que la révolution s’est déployée dans le pays) et le tournage du film du réalisateur syrien Mohammad Malas. Ziad Kalthoum est l’assistant de ce dernier et une recrue non consentante de l’armée officielle, mais aussi un cinéaste en quête de liberté qui croit dans la capacité de puissance du cinéma. Pour donner un sens à cette situation schizophrénique, il empoigne sa caméra et interroge des opposants et des partisans du régime de Bachar el-Assad.

Le Sergent immortel

Séance

Vendredi 6 novembre, 18h30

Projection suivie d’une rencontre avec Ziad Kalthoum

Prix libre – Réservation conseillée : marmite.elcagette@gmail.com

El’cagette
78 rue Descartes, 59100 Roubaix

à propos de

À la fin du Sergent immortel, vous dites vouloir poser les armes de la guerre pour prendre l’arme que représente pour vous la caméra. Que peut le cinéma « armé » contre le régime de Bachar el-Assad ?
Le tournage achevé, j’ai remarqué que tout le monde était intéressé par le combat : prendre les armes et partir se battre était une idée qui émergeait dans tous les esprits. Mais, pour moi, la seule arme qu’il faut saisir, c’est la caméra. Je suis complètement opposé aux armes de guerre — et à la guerre en général… Ma caméra est mon arme, c’est ce que je veux montrer au peuple syrien. J’essaie de capturer ces moments pour les montrer à ceux, nombreux, qui sont loin de la Syrie. Une arme contre le régime, contre la société actuelle, contre le crime, contre tous ceux qui essaient de détruire le pays. Une arme contre la censure, aussi. Quand la révolution a éclaté en Syrie, le régime coupait l’accès à Internet et bloquait toute possibilité d’obtenir des informations sur la situation. Beaucoup de photographes et de réalisateurs capturaient ce qui se passait sur place : des informations, des preuves des destructions et des crimes commis par le régime. Oui, la caméra est bien une arme redoutable.

Publié dans Cinéma par Ballast

Festival

Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (PCMMO)
Festival international du film de Locarno
Fribourg International Film Festival
BBC Arabic Festival, Londres
MedFilm Festival, Rome
DOK.fest München

Fiche Technique

Image : Ziad Kalthoum
Son : Nadim Mishlawi
Montage : Marwan Ziadeh, Firas Jawad
Musique : Thee Silver Mt Zion, Bonobo

Ziad Kalthoum

Bio

Ziad Kalthoum est un réalisateur syrien né à Homs. Diplômé en cinéma à Moscou, il travaille d’abord comme assistant réalisateur sur plusieurs films, séries et programmes télévisés, notamment auprès du cinéaste Mohammad Malas. En 2011, il réalise son premier documentaire, Oh My Heart, consacré à un groupe de femmes kurdes ayant choisi de vivre dans une société sans hommes. Le film est censuré en Syrie pour des raisons politiques. En 2012, alors que la révolution syrienne éclate, Ziad Kalthoum commence à travailler sur Le Sergent immortel, tout en effectuant son service militaire au sein de l’armée syrienne. Il y filme son quotidien de soldat et la guerre qui se déroule autour de lui. Son parcours d’exil, de Homs à Damas, puis Beyrouth et Berlin, traverse son cinéma, qui interroge la guerre, la mémoire, l’exil et les traces laissées par les conflits sur les individus.

Filmographie de Ziad Kalthoum :
– 2017 : Taste of Cement
– 2014 : Le Sergent immortel
– 2011 : Oh My Heart